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 Live everyday as if it were your last | James

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MessageSujet: Live everyday as if it were your last | James   Mar 24 Mai - 19:24


    Novembre 2009

Assis dans ma chaise, face au bureau de Katherine, mon médecin traitant depuis des années maintenant, j'attendais, nerveusement, le résultat des dernières analyses. Lorsqu'elle revint après quelque minutes avec ces derniers en main, son visage ne laissait rien présager de bon...

« Alors ? » demandai-je, comme impatient de savoir ce que le sort me réservait. « Rien de grave ? »

Elle esquissa une légère moue, avant de plonger de nouveau le nez dans le dossier qu'elle avait sous le nez.

« James... » commença-t-elle, d'un ton grave que je ne lui connaissais pas. Quoi ? J'avais quoi ? Elle commençait sérieusement à me faire flipper. Loin de me laisser démonter face à son ton, je lui adressai cependant un léger sourire, comme pour l'inciter à continuer... Ce qu'elle fit après avoir poussé un léger soupir. « Tu as un lymphome de Hodgkin. », m'annonça-t-elle alors, comme si c'était la pire nouvelle au monde.

Je fronçai les sourcils. Un lymphome ? C'était quoi ? Je n'en avais pas la moindre idée. Il fallait dire que j'étais plus calé en termes informatiques qu'en termes médicaux.

« Qu'est-ce que c'est ? »
« C'est un cancer, » répondit-elle instantanément, sans me ménager. « Un cancer des ganglions. »

Un cancer. Quand ce mot s'échappa de ses lèvres, je crus un instant à une mauvaise blague et ce, malgré l'air extrêmement sérieux qui se dessinait sur ses traits. Ca n'était pas parce que je n'avais pas confiance en elle, c'était simplement parce que ça me semblait tout bonnement impossible. Il était évident que, ces derniers jours, j'avais été assez mal en point – c'était d'ailleurs pour cette raison que j'étais venu voir Katherine et qu'elle m'avait fait passer tous ces examens – mais jamais je ne me serai imaginé que mon état s'avérait être aussi grave. Un léger silence s'installa alors entre nous, silence pendant lequel elle me fixa avec une certaine appréhension. Elle s'attendait à quoi ? A ce que je pleure ? Peut-être... J'aurais peut-être même pu pleurer... Si seulement je n'avais pas été autant sous le choc. Loin de me laisser abattre, je lui demandai, sans me démonter :

« On peut... le guérir ? »

A nouveau, elle fit une légère moue, avant de me répondre, légèrement hésitante :

« Le cancer se guérit encore parfois de nos jours, James, effectivement... mais... A un stade aussi avancé... Je doute qu'il soit bien raisonnable d'envisager le moindre traitement. »
« Ca veut dire que je vais mourir ? »

J'avais conscience de la stupidité de ma question. On mourait tous un jour ou l'autre. Ce que j'aurais mieux fait de lui demander c'était si j'allais bientôt mourir, et de cette fichue maladie.

Elle se pinça les lèvres, n'osant visiblement pas me répondre. Soupirant, je repris :

« Je veux un traitement. Je ne veux pas garder les bras croisés, et attendre la mort. »

J'étais trop jeune pour ça. J'avais encore toute la vie devant moi, des tas de projets. J'avais une petite amie qui m'aimait, avec laquelle je venais tout juste de me mettre en ménage, et avec qui j'espérais peut-être un jour fonder une famille. Baisser les bras maintenant, c'était l'abandonner. C'était être lâche. Et j'avais beau ne pas être le plus courageux des hommes, je n'en étais pas un lâche pour autant.

Elle m'adressa un sourire compréhensif, comme si elle était capable de savoir ce qui me passait par la tête à cet instant. Elle était pourtant à mille lieux d'imaginer ce que cette nouvelle avait réveillée en moi : une envie de vivre, comme jamais je n'en avais ressentie jusque là.

« James... Il faut que tu comprennes une chose... A un stade aussi avancé que le tien, il n'y a aucune garantie que le traitement puisse arranger ton état. Ca te fera gagner quelques mois, tout au plus... Mais ça te mettra dans un sale état. »

J'hochai la tête, histoire de lui montrer que j'avais compris où elle voulait en venir. Si je voulais un traitement, j'allais en payer le prix, avant de crever comme un chien. Une idée pas très réjouissante. Mais que pouvais-je faire d'autre ? Baisser les bras ? Je ne pouvais pas abandonner, pas sans avoir essayé de me battre. Si je ne faisais pas ça pour moi, je devais au moins le faire pour Jules. Parce que jamais elle n'aurait compris mon geste.

« Et si ça marchait ? Je pourrais peut-être guérir. », dis-je alors, bien conscient de paraître naïf. Et pourtant, je croyais ce que je disais.

Un sourire désolé se dessina sur les lèvres de Katherine. Hésitant de nouveau, elle me répondit :

« Au stade où tu en es... Ca serait un miracle. Mais tu pourrais peut-être en parler avec un oncologue... Je vais te mettre en contact avec l'un d'entre eux, qui travaille à l'hôpital. » Elle écrivit sur son bloc, face à elle, avant de relever les yeux vers moi, et d'ajouter. « Mais... Le mieux, ça serait que tu envisages – sérieusement – des soins palliatifs. Je connais notamment une association qui pourrait t'aider... » Tout en ce faisant, elle prit une nouvelle feuille de papier, sur lequel elle m'écrivit le nom de l'association en question. Elle me tendit la feuille, que je rangeai dans la poche de mon jeans.

« J'préfèrerai voir l'oncologue, avant », lui confiai-je alors.

Elle me répondit par un hochement de tête avant de me signifier qu'elle me prendrait elle même un rendez-vous – ça irait plus vite – et qu'elle me rappellerait. Lui souriant légèrement, j'attendis quelques secondes, avant d'oser lui demander :

« Il me reste combien de temps ? »

Elle haussa les épaules. « C'est toujours difficile à évaluer... Mais... Au vu de tes résultats je dirai... Entre trois et six mois. »

« Avec le traitement ? »

« Entre six mois et un an, je suppose. Mais l'oncologue pourra très certainement te dire ça avec plus de certitude. »

La remerciant, je quittai la pièce sans plus attendre. Jules m'attendait dans la voiture. Un léger sourire aux lèvres, elle attendit que je m'installe au volant, avant de me demander :

« Alors ? »

J'avais su avant même de quitter le cabinet de Katherine qu'il me serait difficile de dire la vérité à Jules. Quel homme aurait pu regarder sa bien aimée en face, et lui annoncer qu'il ne leur restait plus que quelques mois à vivre ensemble ? Je le savais, la nouvelle lui briserait le coeur. Je savais également que j'étais incapable de lui mentir... Mais pourrais-je pour autant affronter son regard plein de tristesse ? Probablement pas, non. Décidant d'être honnête, je lui répondis alors, après un instant d'hésitation :

« Les résultats ne sont pas très bons, Jules... »

Le très léger sourire qu'elle avait aux lèvres s'effaça aussitôt. Sa main gauche s'empara de ma main droite sans plus attendre. Je baissai un instant les yeux sur nos mains l'une dans l'autre avec un pincement au coeur.

« Qu'est-ce que tu as ? » demanda-t-elle alors, très probablement incapable de supporter le silence qui s'était installé malgré nous. « Je peux tout entendre, James », me dit-elle alors, le regard néanmoins empli d'inquiétude.

Esquissant un sourire, je me penchai vers elle pour l'embrasser tendrement sur le front. Je l'aimais. Plus que tout. Je ne pouvais pas lui briser le coeur et pourtant, lorsque je retirai mes lèvres de son visage, je murmurai :

« J'ai un cancer. »

Elle ouvrit la bouche pour me répondre quelque chose, avant de la refermer aussitôt. Visiblement, elle ne trouvait pas les mots justes. Et j'aurais pu le comprendre. Cette nouvelle, c'était bien la dernière chose à laquelle nous nous étions attendus, et surtout préparés. Ma main droite vint se poser sur sa joue que je caressai un instant avec douceur.

« Mais... Katherine a été très optimiste. Avec un bon traitement, tout devrait rentrer dans l'ordre, » mentis-je alors pour la rassurer, avec la désagréable impression d'être le pire homme sur cette Terre. Ma remarque n'effaça malheureusement pas la lueur d'inquiétude qui brillait dans son regard. Je savais ce qu'elle devait penser à cet instant. Son grand père était mort d'un cancer. Elle m'en avait souvent parlé, parce qu'elle n'avait jamais eu de père, et qu'il avait plus ou moins remplacé ce dernier. A sa mort, quand elle avait eu 18 ans – je ne la connaissais pas encore, à l'époque – elle avait été dévastée.
« Un traitement... » répéta-t-elle alors, le regard dans le vide.

J'acquiesçai, avant de préciser, « Oui, la médecine a fait de nombreux progrès tu sais. Les chimios, les radiothérapies, c'est plus ce que c'était. C'est beaucoup plus efficace. »
« Et beaucoup plus agressif. », rétorqua-t-elle, toujours aussi inquiète. Je savais ce qu'elle devait bien penser à cet instant. Je savais qu'elle s'inquiétait de ce que l'avenir nous réservait. Et pourtant, elle n'avait aucune inquiétude à avoir. Tout irait bien. Car je refuserai qu'il en aille autrement. Je poussais un léger soupir, avant de lui répondre,
« Ca va aller » Ma main caressa une nouvelle fois la sienne. « Je te le promets. »

Je relevai mon regard pour le planter dans le sien, qui était à présent plein de larmes. Des larmes qu'elle essayait de retenir pour ne pas me montrer son angoisse et sa détresse. Pourtant, je pouvais ressentir ces dernières sans qu'elle ait à me le dire. Parce que je la connaissais par coeur.

« Promis ? », me demanda-t-elle, comme si j'avais eu un quelconque contrôle sur la situation.
« Promis. », soufflais-je alors qu'elle embrassa ma main avec douceur et que je lui rendis son baiser.
« Je ne veux pas ta perdre. Je ne le supporterai pas. »

Je passai un bras autour de ses épaules pour la rapprocher de moi.

« Tu ne me perdras pas. », lui promis-je alors, pas seulement pour la réconforter, mais aussi et surtout parce que je croyais en ce que j'affirmai. Je savais que ma vie ne se finirait pas si vite, pas comme ça.


Dernière édition par James Anderson le Mar 24 Mai - 19:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Live everyday as if it were your last | James   Mar 24 Mai - 19:27


    Novembre 2010


« Jules ? » Jetant un nouveau coup d'oeil dans le salon, je n'y trouvai pas la demoiselle en question. « Jules ? » C'est en me dirigeant dans la cuisine que j'aperçus, par la fenêtre, sa silhouette à l'extérieur. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »

« Je réfléchissais », me répondit-elle en haussant les épaules. M'approchant d'elle, je passais mes mains autour de sa taille avant de déposer un doux baiser dans son cou, lorsqu'elle ajouta, « Il faut qu'on parle, James... »

Je me détachai doucement d'elle à ses mots. Cette phrase là, je le savais, n'était jamais bon signe. En temps normal, je ne m'en serai probablement pas inquiété... Sauf que, ces derniers mois, Jules et moi nous étions éloignés. Elle avait installé une certaine distance entre nous, depuis l'annonce de mon cancer, une distance qu'elle n'acceptait de réduire qu'en de très rares occasions. Ces derniers jours, son attitude avait changé. Elle s'était montrée plus ouverte, mais n'en était pas moins étrange.

« Qu'est-ce qui se passe ? » demandai-je, déjà prêt à tout entendre.
« Je... », commença-t-elle, hésitante. Elle se retourna vers moi, et passa une main hésitante sur ma joue. Après un instant, elle trouva cependant la force de m'avouer ce qu'elle avait sur le coeur :
« Je suis enceinte. »

Je restai un moment silencieux, à la fois sous le choc, mais aussi soulagé d'entendre une nouvelle comme celle-ci. Elle était enceinte. Je n'eus pas le temps de répondre que, déjà , elle s'éloignait, se lançant dans un long monologue qu'il me fut impossible de couper :

« Je sais que ça tombe mal. Je sais que c'est pas le moment. Avec ton cancer... C'est... C'est vraiment mal venu. Mais, je t'aime, et je sais qu'on pourrait faire de bons parents. Je sais qu'on a d'autres choses auxquelles on doit penser, et que ça n'était pas du tout prévu mais- » Elle s'arrêta un moment, son regard croisant le mien une nouvelle fois. « Je veux de cet enfant. Je veux fonder une famille avec toi. »

J'esquissai un sourire à ses mots. Faisant un pas vers elle, et réduisant ainsi l'espace qui nous séparait, je la pris par la taille avant de déposer un baiser sur son front.

« C'est ce que je veux également. Jules, tu fais de moi le plus heureux des hommes. » soufflai-je alors, avant d'ajouter, « On s'en fou du cancer. Bientôt, toute cette histoire sera derrière nous et bientôt, on aura notre propre famille. Cette grossesse ne pouvait pas tomber mieux. »

Elle me sourit, avant de m'embrasser sur la joue. « Je t'aime, James »

Ces mots, elle avait beau me les dire tous les jours, me faisaient toujours un effet spécial. Ils me donnaient du baume au coeur, et me donnaient la force de me battre contre cette terrible maladie. Pour elle. Pour nous. Pour notre enfant.

« Je t'aime aussi. »


    Février 2011


« Ca va aller », murmurai-je à l'oreille de Jules tandis que je passais une main dans ses cheveux. Son cors était secoué par les sanglots qu'elle était incapable de contrôler. « Je suis là, tout ira bien », ajoutai-je alors, de nouveau pour l'apaiser. Tout en continuant mes caresses, je sentis qu'elle se calmait, petit à petit, jusqu'à ce que le sommeil la gagne. A son réveil, j'étais toujours à son chevet, ma main serrant la sienne pour lui montrer que jamais je ne la quitterai. Ouvrant les yeux, son regard se posa sur moi, et je lui adressai un léger sourire.

« Je suis désolée. », murmura-t-elle, les larmes aux yeux.

Je fronçai les sourcils. S'excusait-elle vraiment pour avoir perdu notre enfant ? C'était du n'importe quoi. Elle n'en était pas responsable. Secouant la tête, je passai une main sur son visage pour retirer les quelques larmes qui s'y trouvaient encore.

« C'est pas ta faute, t'as pas à t'excuser. » Je portai alors sa main à mes lèvres pour lui donner un baiser, avant de reprendre, « Ca aurait pu arriver à n'importe qui. » Je lui adressai un nouveau sourire puis, tout en passant ma main sur son ventre, j'allais même jusqu'à lui promettre, « On en aura d'autres, des enfants. Je te le promets. »

Elle secoua la tête.

« Non. Arrête. » Son ton se voulait plus dur, elle avait presque l'air en colère. « Je ne pourrais pas recommencer. J'en suis incapable. »

Bien sûr que ça lui semblait encore impossible, pour le moment, mais rien n'était impossible. Pour preuve, j'étais encore en vie alors qu'un an plus tôt, on m'avait condamné à mourir. Décidant de ne pas la brusquer, je n'ajoutai rien, me contentant de rester à ses côtés et de lui tenir la main pour lui faire savoir que j'étais là, et qu'elle n'était pas seule. Je ne la laisserai pas, je resterai à ses côtés, comme elle le faisait avec moi, au quotidien, dans ma lutte contre la maladie. On avait affronté tellement d'épreuves ensemble. Celle-ci, nous réussirions à la surmonter. C'était du moins ce dont j'étais persuadé.
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MessageSujet: Re: Live everyday as if it were your last | James   Mar 24 Mai - 19:32



    Avril 2011


« C'est fini ? » répétais-je, incrédule.

Mon oncologue me répondit par un simple hochement de tête. Un sourire se dessina alors sur mes lèvres. C'était fini. Plus de cancer. Adieu chimio, rayons, vomissements. La vie me souriait enfin. J'eus presque envie de rire, tant j'étais heureux de cette nouvelle. Une chose était certaine, celle-ci réjouirait autant Jules que moi. Et qui sait, peut-être que cela lui rendrait le sourire qu'elle avait perdu trois mois plus tôt à la perte de notre bébé. Remerciant mon médecin, je n'écoutais que vaguement ce qu'il ajouta par la suite, au sujet des contrôles de routine auxquels je devrais me soumettre tous les mois. Je quittai alors son bureau, soulagé d'un poids. J'étais tellement heureux que j'en étais presque dans un autre monde. Si bien que je ne vis pas la jolie brunette dans laquelle je rentrai par mégarde.

« Oh pardon », soufflai-je, un léger sourire idiot aux lèvres, qui n'était dû qu'à la joie du moment. Il va sans dire que sans cela, je me serais probablement liquéfié sur place en croisant son regard courroucé. « J'suis vraiment désolé. J'vous avais pas vu. » expliquai-je, passant une main derrière ma nuque. Lui adressant un nouveau sourire, je m'apprêtais à ajouter autre chose – je ne savais pas encore quoi- lorsque la secrétaire l'interpella :

« Charly Evans ? »

C'est à l'appel de ce prénom que la demoiselle s'excusa, mettant ainsi fin à ce début de conversation pour se diriger – sans grand enthousiasme – dans le bureau de mon oncologue. A la mine qu'elle arborait, il ne faisait aucun doute qu'elle se battait encore contre cette maladie dont je venais de m'être débarrassé – même si j'étais parfaitement conscient de ne pas être encore totalement guéri tant que la période de rémission ne serait pas passée. Se battait-elle vraiment ? Rien n'était moins sûr car, quelques minutes à peine plus tard, elle ressortait du bureau du médecin avec l'air plus ou moins contrarié. Curieux, je fronçai les sourcils, bien décidé à en savoir plus sur cette jeune femme qui, en plus d'avoir l'air malade, me semblait complètement paumé. Je n'avais pas l'âme d'un héros, non, et pourtant, en la voyant devant moi, semblant si fragile et vulnérable, elle me rappela Jules. Conscient que rien de ce que je pourrais faire ne pourrait rendre le sourire à ma petite amie, je décidai, à défaut de l'aider elle, de venir en aide à cette jeune fille qui m'était encore inconnue. Une chose était certaine, je ne laisserai pas une aussi belle demoiselle perdre espoir, et baisser les bras. C'était décidé, je lui redonnerais goût à la vie, je lui donnerai l'envie de se battre : après tout, peut-être était-ce pour ça que la vie m'avait épargné ? Pour que je puisse sauver la sienne ? Cette idée, bien que prétentieuse, me plaisait. C'est ainsi que j'écrivis son nom sur une feuille de papier, bien décidé à partir à sa recherche plus tard pour pouvoir l'approcher et mener à bien ma mission.


    Avril 2011


« Charly Evans ?! »

Assis sur le canapé du salon avec mon ordinateur portable sur les genoux, je ne compris pas pourquoi Jules me parlait de Charly.

« Tu la connais ? », demandai-je, en levant les yeux vers elle.
« Si je la connais ? Bien sûr que je la connais ! J'ai passé toute ma vie ici, j'te rappelle ! »

Elle avait l'air agacé. Et moi... Je ne comprenais pas vraiment pourquoi.

« Pourquoi tu as écrit son nom sur ce papier ?! », me demanda-t-elle en s'approchant avec la feuille de papier sur laquelle j'avais écrit la veille.

C'est là que je compris : elle était jalouse. Pourtant, elle n'avait aucune raison de l'être. De cette Charly, je ne savais rien, si ce n'était son nom, et qu'elle aussi, était malade. Déposant mon ordinateur sur le canapé, je me relevai pour me mettre face à Jules.

« T'es jalouse ?! », demandai-je alors, un sourire presque satisfait aux lèvres. « T'as aucune raison de l'être. J'la connais pas. J'l'ai rencontrée hier à l'hôpital. Elle est malade elle aussi... elle a le cancer. J'me suis dit que je pourrais peut-être l'aider. », expliquai-je, en espérant qu'elle comprendrait là qu'il n'y avait rien de plus. A son regard sceptique, je devinai simplement que ça n'était pas le cas. « Tu ne me fais pas confiance ? » demandai-je, alors qu'elle quittait la pièce, sans un mot.

« C'est pas ça le problème. »
« C'est quoi alors ? Pourquoi tu te mets dans des états pareils ? Tu crois franchement que je pourrais te tromper et que j'irai jusqu'à écrire le nom de ma maitresse sur un bout de papier. »

Montant les escaliers qui menaient à notre chambre, elle secoua la tête, dans me répondre. Je la suivis, sans savoir ce qu'elle avait derrière la tête. En la voyant sortir un sac de voyage de notre armoire et y fourrer quelques uns de ses vêtements dedans, je devinai aisément ce qu'elle s'apprêtait à faire.

« Tu pars ?! » demandai-je, incrédule. « Mais... Je t'ai dit qu'il n'y avait rien entre cette Charly et moi- »
« C'est pas ça le problème », me coupa-t-elle. Et voilà qu'elle recommençait. Si seulement elle me disait quel était le problème, peut-être que ça irait mieux, non ? Je poussai un soupir, avant de passer une main sur mon visage.
« Explique-toi ! »
« J'en ai marre. »
« De quoi ? »
« De tout ! Je ne peux plus... J'en peux plus, je- » Elle s'arrêta en plein milieu de sa phrase, jeta les derniers vêtements qu'elle avait à mettre dans son sac avant de se tourner vers moi. « Tu l'aimes ? »
« Qui ça ? »
« Charly! »
« Mais je- » commençai-je, surpris par sa question. « Non, bien sûr que non ! C'est toi que j'aime ! Toi et personne d'autre. »
« Je ne pourrais jamais te donner d'enfant. »
« Jules, c'est pas parce que la première fois, ça n'a pas marché qu'on ne peut pas essayer de- »
« Je ne peux pas ! Je ne veux pas. Je n'en veux plus. »

Je m'approchai d'elle, pour la prendre dans mes bras, mais elle recula.

« Ton cancer, ma fausse couche... Ca fait trop. »
« On va surmonter tout ça, si tu nous laisse un peu de temps tu verras que- »
« Arrête, s'il-te-plait. Je sais déjà ce que tu vas me dire. La vérité c'est que... J'ai peut-être besoin de temps mais... Ce dont j'ai surtout besoin, c'est d'être seule. »
« Tu me quittes ? »
« Je... Oui. Non. Je ne sais pas. »
« Comment ça tu ne sais pas ? »
« Je t'aime, James. C'est pas la question. J'ai besoin de prendre du temps pour moi, de m'isoler un peu pour réfléchir à tout ça... »

Je baissai la tête. Elle récupéra sa valise sur le lit et, passant près de moi, elle effleura mon visage de sa main avant de déposer un baiser sur ma joue.

« Je suis désolée. »

Et c'est ainsi que, sans un mot de plus, elle quitta la pièce – et la maison – me laissant ainsi seul, incapable de comprendre ce qui se passait ni même encore comment on avait pu en arriver là.
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